L'œuvre picturale
A travers les décennies la peinture de Jean de Maisonseul aborde de nombreux thèmes selon des approches variées, depuis l'évocation des “Prisonniers”, “révoltés” ou “criant”, des Mendiants, Aveugles et Bergers (1955-1961), des paysages de Tipaza et du Chenoua ou du Sahel (1965-1966), jusqu'à ses Philosophes des années 1990, proches “des vieux cyniques grecs”. L'une des veines les plus constantes et les plus originales de son œuvre est liée à son attention renouvelée à l'univers des pierres.
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Chenoua, 1965
Ici bas chut des astres obscurs, 1972
Château de Lacoste, élévation nord, 1975
“Je me mis à apprendre la lecture des signes inscrits sur les pierres, les dessinant et les peignant, travail que je poursuis encore”, résume-t-il. Se rattachent en effet à cette démarche les œuvres que Maisonseul présente bien plus tard sous les titres Formations p uis Mutations des pierres à Alger en 1972 et 1973, Pierres du Soleil, jaunes et noires, à Sens en 1983, Pierres de la Nuit, noires et bleues ou rougeoyantes, en 1984 chez Edmond Charlot à Pézenas, Fontaine-de-Vaucluse, Pierre et Eau au Musée Picasso d'Antibes en 1988, Déserts/Brisures, Objets de l'espace et Ecorces de la Nuit en 1980 et 1992 à Toulon. Ces séries de dessins aux encres typographiques et de peintures, pour la plus large part réalisées par Maisonseul après son départ d'Alger et son installation à Cuers en 1976, poussent au plus loin sa quête au bord de l'essentiel. Ces œuvres étendent, affinent un même regard sur des thèmes distincts et parents qui se succèdent et se répondent. Jean de Maisonseul rencontre ainsi en chemin le Château du Marquis de Sade (1974) à Lacoste dans le Luberon, dont il reconstruit la silhouette, relevant, d'”élévations” en “plans perspectifs”, terrasses, arcades, fenêtres et tours de leurs ruines.
Peinture « minérale », observe d'emblée Camus (Jean de Maisonseul, Galerie Lucie Weil, 1958). Dans l'introduction qu'il écrit en août 1987 pour des textes datant de 1947 et 1948, édités quelques mois après sa mort (Les Quatre Vents, Editions Domens, Pézenas, 1999) Maisonseul raconte lui-même comment il découvre en 1949 “la lecture des signes inscrits sur les pierres” qu'il ramasse dans les criques, au pied des falaises et des éboulis du Chenoua. “Il y a deux façons de les regarder pour tenter de les voir”, écrit-il : à la manière d'une sculpture, “en les élevant dans l'espace”, ou d'une peinture, “en suivant les signes inscrits sur leur face”. C'est dans cette lecture qu'il s'engage. “C'est surtout au langage des signes que je m'intéressais, découvrant qu'ils se regroupaient par famille de formes, selon des rapports, des concordances, des articulations et des analogies qui constituent un 'style'. Ainsi, je trouvais des galets égyptiens, grecs, hindous, chinois, nègres, aztèques… et aussi les plus beaux Kandinsky ou Klee que je n'aurais pas pu reconnaître il y a cinquante ans en les rejetant dans ce que j'appelais 'les formes du futur' parce qu'elles n'avaient pas encore été nommées”.
Bibliographie Textes Peintures Dessins Présentation Biographie AccueilCe site n'aurait pu voir le jour sans la précieuse contribution de Consuelo le Mire qui a réalisé quasiment la totalité des photographies de œuvres de Jean de Maisonseul présentées ici.
Jean de Maisonseul